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Je suis TUNIS

Le 14 janvier 2011 le peuple tunisien chassait le dictateur BEN ALI après un mois de manifestations pacifiques, manifestations qui avaient débutées après l’immolation d’un vendeur ambulant Mohamed BOUAZIZZI.

 

Lors de ces 4 semaines de troubles continus, les avocats tunisiens avec à leur tête un immense Bâtonnier Abderrazak KILANI, le Bâtonnier de la révolution de jasmin, furent parmi les premiers à défiler face aux chars avec pour seule arme leurs robes et au cri de « Dégage ».

 

C’est ainsi que naissait le printemps arabe qui allait ensuite se propager dans tous les pays de la région : LYBIE, EGYPTE, SYRIE.

 

Mais la TUNISIE est restée un symbole.

 

Ce pays où ses habitants ont l’art du compromis et de la négociation est devenu une vraie démocratie.

 

Dans cette région du monde pouvez-vous me citer un gouvernement démocratiquement élu qui fait le choix de quitter le pouvoir 6 mois avant la fin de son mandat acceptant des élections anticipées.

 

Un pays où ce n’est pas l’armée qui décide qui sera « président ou mendiant ».

 

Car oui je l’affirme avec force, la TUNISIE est une vraie démocratie avec un président élu.

 

Mais c’est une démocratie fragile car ce pays, qui n’a pas de pétrole, vit de son tourisme, de ses intellectuels, de ses classes populaires, ou de ses classes moyennes.

 

Le 15 janvier dernier, je dinais avec le Bâtonnier KILANI au Café Vert au Port de la Goulette.

 

Il me faisait part de ses craintes car le pire ennemie des terroristes, des extrémistes, de l’obscurantisme, c’est justement la démocratie.

 

L’attentat du 18 mars le démontre, les djihadistes ne veulent pas d’élections libres ou d’un parlement.

 

Ils ne souhaitent qu’une seule chose : la mort de tous ceux qui ne partagent pas leurs idées funestes.

 

Alors pour rendre hommage à ce peuple tunisien et aux 21 victimes permettez-moi d’affirmer : « Je suis TUNIS ».

 

Frédéric DOUCHEZ

Ancien Bâtonnier